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Identifier et éviter les conflits entre chauffage et climatisation dans les bâtiments

Simon Lipp

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Peu avant l’automne, un phénomène curieux se produit dans de nombreux bâtiments : le matin, le bâtiment est chauffé, puis, peu de temps après, il est de nouveau activement refroidi. Il arrive même que les deux systèmes fonctionnent simultanément. Pour les exploitants de bâtiments, cette concurrence invisible se traduit avant tout par une hausse des coûts énergétiques et d’exploitation. La bonne nouvelle : il est souvent possible de réduire la consommation d’énergie avec des moyens relativement simples, sans compromettre le confort dans le bâtiment.

Après avoir abordé en hiver, dans la partie 1, le réglage correct de la courbe de chauffage, puis en été, dans la partie 2, l’optimisation du froid climatique, la partie 3 réunit désormais ces deux univers. Vous découvrirez comment identifier et éviter les conflits entre chauffage et refroidissement et comment vérifier vous-même votre régulation avant le début de l’automne.

 

 

L’essentiel en bref

  1. Quand chauffage et refroidissement jouent au tir à la corde
    Vous identifiez les signes typiques et découvrez, à l’aide de quelques contrôles, pourquoi certains locaux sont chauffés et refroidis simultanément.

  2. L’automatisation du bâtiment comme arbitre
    Vous découvrez comment les consignes, les zones neutres et les verrouillages permettent de limiter efficacement le chauffage et le refroidissement simultanés.

  3. Conclusion : vérifier d’abord, optimiser ensuite
    Un simple contrôle de la régulation permet rapidement d’y voir plus clair et peut réduire les consommations d’énergie inutiles sans investissement important.

 

Identifier les conflits entre chauffage et refroidissement : causes et signes typiques

Un conflit entre chauffage et refroidissement survient lorsqu’une zone reçoit de la chaleur alors que de l’énergie de refroidissement est utilisée simultanément. Ce phénomène est particulièrement fréquent pendant les périodes de transition. Les matinées fraîches, le fort ensoleillement de l’après-midi et les différents usages des locaux font vivre aux installations techniques du bâtiment un véritable petit voyage à travers plusieurs saisons en une seule
journée.

Le fait de chauffer et de refroidir simultanément n’est pas toujours problématique. Dans un bâtiment, des locaux orientés au nord peuvent nécessiter du chauffage tandis que des salles de réunion exposées au sud doivent déjà être refroidies. Cela
devient problématique lorsque le chauffage et le refroidissement se neutralisent mutuellement dans une même zone ou fonctionnent sans coordination judicieuse.

Parmi les causes typiques figurent des consignes de chauffage et de refroidissement qui se chevauchent, des écarts de température trop faibles entre le mode chauffage et le mode refroidissement, des horaires de fonctionnement inadaptés ou l’absence de verrouillages réciproques dans l’automatisation du bâtiment.

Des sondes de température mal positionnées, mal paramétrées ou imprécises peuvent également amener la régulation à réagir à des conditions qui ne correspondent pas à la situation réelle dans les locaux.

Il convient également de veiller à une régulation stable et progressive des vannes. Une ouverture et une fermeture trop rapides des vannes peuvent entraîner un fonctionnement oscillant et provoquer ainsi des opérations de chauffage et de
refroidissement inutiles. Il est recommandé de prévoir des zones neutres suffisamment larges, des hystérésis adaptées ainsi que des temps de manœuvre des vannes appropriés.

L’objectif devrait être de séparer clairement les modes chauffage et refroidissement et de faire en sorte que la régulation réagisse de manière aussi stable que possible aux températures réelles des locaux.

 

Mini-check-list pour contrôler votre régulation :

  • Vérifiez si les signaux de chauffage et de refroidissement d’une même zone sont actifs simultanément.

  • Comparez les consignes de chauffage et de refroidissement définies.

  • Contrôlez les horaires de fonctionnement, les programmes hebdomadaires et les changements de saison.

  • Observez pendant plusieurs jours les évolutions inhabituelles de température ou de consommation d’énergie.

  • Déterminez qui est autorisé à modifier les consignes et à contrôler les effets de ces modifications.

 

Un monitoring énergétique avec des courbes de charge claires facilite ce contrôle. Au lieu de parcourir différents sous-menus, vous voyez directement à quels moments la chaleur et le froid sont effectivement consommés et si ce comportement
correspond à l’exploitation du bâtiment.

 

Éviter le chauffage et le refroidissement simultanés grâce à l’automatisation du bâtiment

Idéalement, l’automatisation du bâtiment joue le rôle d’un bon arbitre : elle empêche le chauffage et le refroidissement d’entrer simultanément en jeu de manière incontrôlée.

Un outil important est ce que l’on appelle la zone neutre. Elle définit une plage de température entre la consigne de chauffage et celle de refroidissement, dans laquelle ni le chauffage ni le refroidissement ne sont activés. Si, par exemple, la consigne de chauffage est inférieure à celle du refroidissement, la température ambiante peut évoluer à l’intérieur de cette plage de confort sans que les installations réagissent à chaque petite variation.

En complément, un verrouillage logiciel peut empêcher une zone de demander simultanément de la puissance de chauffage et de refroidissement. SuisseEnergie recommande de faire vérifier ou ajouter un tel verrouillage par le fournisseur de la technique de mesure, de commande et de régulation s’il n’est pas prévu dans le système de commande.

Des programmes horaires et des autorisations saisonnières adaptés sont tout aussi importants. Un basculement fixe basé sur le calendrier ne fonctionne pas toujours de manière fiable pendant les périodes de transition. Les températures
extérieures, l’inertie du bâtiment et les charges thermiques internes évoluent plus rapidement qu’une date sur un calendrier. 


Le déclic :
il n’est souvent pas nécessaire d’installer un nouveau système. Selon Tetrag, l’optimisation des horaires de fonctionnement, des courbes de chauffage et des commandes peut déjà permettre, sur les installations appropriées, de réaliser un potentiel d’économie de 10 à 30 %.

Ne commencez donc pas par une transformation importante, mais par un contrôle clairement
délimité :

  1. Sélectionnez une zone ou une installation présentant un comportement inhabituel.

  2. Documentez les consignes et les horaires de fonctionnement.

  3. Comparez les signaux de chauffage et de refroidissement sur plusieurs jours.

  4. Ne modifiez qu’un seul réglage à la fois.

  5. Contrôlez ensuite le confort et la consommation d’énergie.

 

Cette méthode permet de rendre l’optimisation de la régulation compréhensible et traçable. Elle évite de modifier plusieurs paramètres simultanément et de ne plus savoir ensuite lequel a réellement produit un effet.

 

Questions fréquentes

Le chauffage et le refroidissement simultanés sont-ils toujours inefficaces ?

Non. Des zones du bâtiment présentant des orientations ou des usages différents peuvent avoir simultanément besoin de chaleur et de froid. Cela devient inefficace lorsqu’une même zone est chauffée et refroidie en même temps ou lorsque la chaleur et le froid produits ne sont pas utilisés ou récupérés de manière judicieuse.

Comment identifier un conflit entre chauffage et refroidissement sans monitoring énergétique ?

Vérifiez directement dans l’automatisation du bâtiment les températures ambiantes, les positions des vannes, les consignes, les horaires de fonctionnement ainsi que les signaux de chauffage et de refroidissement actifs. Un monitoring énergétique simplifie toutefois considérablement l’analyse et permet d’identifier plus rapidement les chevauchements dans le temps.

Quel réglage faut-il contrôler en premier ?

Commencez par les consignes de chauffage et de refroidissement de la même zone. Contrôlez ensuite la zone neutre, les programmes horaires et l’éventuel verrouillage réciproque.

 

 

Conclusion : Optimiser la régulation pour réduire la consommation d’énergie

Pour repérer et éviter les conflits entre chauffage et refroidissement, il n’est pas nécessaire de commencer par une analyse complexe. Une zone représentative, quelques données clés et une vérification structurée permettent déjà d’identifier les principaux potentiels d’optimisation.

Des consignes bien coordonnées, des zones neutres suffisamment larges et des verrouillages clairement définis réduisent les consommations inutiles ainsi que les coûts d’exploitation. Le fonctionnement des installations devient en même temps plus stable, plus transparent et plus simple à gérer.

Profitez de la période avant l’automne pour contrôler votre régulation. Chauffage et refroidissement pourront ainsi fonctionner de manière coordonnée, plutôt que de travailler l’un contre l’autre.

👉 Contrôlez vous-même votre régulation grâce à notre check-list : Optimisation de l’exploitation des installations techniques du bâtiment

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Contact

Simon Lipp : responsable du département Optimisation de l’exploitation

Simon Lipp dispose de solides connaissances spécialisées dans l’optimisation de l’exploitation énergétique dans le domaine de la technique du bâtiment. Grâce à sa formation d’ingénieur en économie HES et à son parcours technique de monteur électricien, il apporte un savoir-faire à la fois pratique et stratégique dans la gestion de l’énergie. Son expertise comprend le conseil, le monitoring énergétique et l’optimisation énergétique ciblée. Grâce à sa formation interdisciplinaire, il est en mesure d’envisager et de mettre en œuvre des solutions énergétiques efficaces dans leur globalité.

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